Avec un implant rétinien, des aveugles retrouvent la vue

Deux aveugles britanniques ont reçu des implants rétiniens électroniques qui leur permettent de retrouver une vue partielle, en noir et blanc.

 

Robin Millar, le musicien et producteur de musique britannique, a commencé à perdre la vue à l'âge de 8 ans, et il est devenu totalement aveugle il y a 25 ans. En mars dernier à Londres, des chirurgiens lui ont greffé un petit implant rétinien électronique de 3mm de côté dans le fond de l'oeil. Depuis, il a retrouvé une vision partielle, en noir et blanc, grâce aux signaux électriques des 1500 pixels transmis à son cerveau par le nerf optique. Il n'a pas encore recouvré une vision réellement utile, et ne peut pour le moment distinguer rien de plus précis que la présence d'une fenêtre ouverte au soleil. Il est possible que son cerveau ne réussisse pas à apprendre à interprêter les signaux envoyés par la rétine artificielle.

En revanche, pour la première fois depuis 25 ans, il a recommencé à faire des rêves en couleur. «J'ai fait des rêves avec du vert, de l'orange, du turquoise et du bleu très intenses,» a-t-il raconté à l'Independent. «Des parties de mon cerveau qui étaient inactives depuis 35 ans se sont réveillées grâce l'implant rétinien. J'apprécie beaucoup ça.»

Avec un autre Britannique, Chris James, Robin Millar est l'un des premiers patients à profiter d'un nouvel essai clinique mené en Grande-Bretagne avec les rétines artificielles inventées par la société allemande Retina Implant. Chris James a d'ailleurs retrouvé une vision plus complète que Robin Millar, et est capable de reconnaître des formes placées pas trop loin de ses yeux.

 

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Simulation du type d'image que peut théoriquement percevoir un aveugle portant l'implant rétinien électronique.

 

En 2010, un patient finlandais avait été le premier aveugle à recouvrer la vue grâce à un implant de ce type, inventé par l'équipe du professeur Eberhart Zrenner à l'université de Tübingen en Allemagne. Mais il n'avait pu garder l'appareil que quelques mois lors d'études contrôlées en laboratoire car l'alimentation externe de l'implant était assez volumineuse.

Pour les patients anglais, la batterie et le petit boîtier de commande sont placés derrière l'oreille, et reliés à l'implant par un fil très fin qui traverse la paroi de l'oeil. De l'exterieur, le dispositif est pratiquement invisible et peut être porté en extérieur. En plus des essais menés par une équipe de médecins de l'hôpital Radcliffe à Oxford en Grande-Bretagne, d'autres tests sont aussi lancés aux États-Unis et en Asie avec les même implants.

Avec seulement 1500 pixels (une image de 38x40 points de côté), la vision que recouvrent les patients est forcément partielle et grossière. Ils ne voient qu'en noir et blanc, et distinguent surtout des formes et des couleurs très contrastées. Comme le capteur ne recouvre pas toute la surface de la rétine, mais seulement une zone de 3 mm de côté, leur champ de vision est réduit à l'équivalent d'une pochette de CD tenue à bout de bras.

Malgré ces limitations, ces premiers succès sont très encourageants pour ceux qui ont perdu la vue à la suite d'une rétinopathie pigmentaire, une maladie dégénérative qui détruit les cellules de la rétine. Ces mêmes implants devraient aussi être testés dans le futur sur des personnes souffrant de dégénerescence maculaire.

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