Strasbourg lance le sport sur ordonnance

La capitale alsacienne expérimente pendant un an le remboursement de l'activité sportive pour certains malades.

Comme cela avait été annoncé il y a quelques mois, les habitants de Strasbourg souffrant de certaines maladies chroniques peuvent désormais se faire prescrire une activité physique auprès de leur médecin traitant, à la place ou en complément d'une liste de médicaments.

Baptisée «Sport-santé sur ordonnance», cette expérimentation, lancée pour un an, associe la ville de Strasbourg, la caisse du Régime local d'Assurance-maladie, l'Agence régionale de santé et plusieurs partenaires associatifs. Une cinquantaine de médecins généralistes ont accepté d'y participer.

«Il ne s'agit pas de créer une dépense supplémentaire pour la Sécurité sociale», a souligné le maire socialiste de Strasbourg, Roland Ries, en présentant l'opération lundi. «On est peut-être dans une substitution, voire dans une économie, l'idée étant d'avoir des ordonnances moins médicamenteuses», a-t-il ajouté.

L'expérimentation elle-même sera entièrement prise en charge par la municipalité et ses partenaires qui mettent à disposition leurs moyens humains et techniques. Son coût est évalué à près de 129.000 euros.

Elle s'adresse en priorité aux personnes atteintes de maladies chroniques liées à la sédentarité que sont l'obésité, le diabète de type 2 (non insulinodépendant) et les maladies cardiovasculaires stabilisées.

Les sports d'endurance privilégiés

Plusieurs études prouvent qu'une demi-heure de marche par jour ou un peu de jogging augmentent l'espérance de vie de quelques années et améliorent l'activité du cerveau.

Pratiquement, les personnes dont le médecin aura estimé qu'elles peuvent tirer bénéfice d'une activité physique modérée se rendront, munies d'une prescription, auprès d'un éducateur sportif de la ville qui les orientera et pratiquera, s'il le faut, avec elles, une remise à niveau.

Les activités offertes iront du vélo - la ville en met 200 à disposition - à la marche nordique en passant par la gymnastique douce, la natation et l'aviron. Quelque 400 personnes devraient en bénéficier durant l'année test. Son bilan devrait être suivi de près au niveau national.

Daniel Bouffier, directeur régional de la jeunesse et des sports en Alsace, a souligné que l'initiative strasbourgeoise rejoignait les préoccupations exprimées par les ministres de la Santé et des Sports dans une communication en Conseil des ministres, le 10 octobre dernier.529641-4379973343218-1879328931-n-1.jpg

L'Académie de médecine a récemment recommandé dans un rapport d'intégrer le sport à la liste des prescriptions médicales prises en charge par la Sécurité sociale. Le remboursement de l'activité sportive serait également rentable pour la collectivité, en permettant d'économiser d'importantes dépenses médicales.

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