Un pas de géant en génétique

Un pas de géant en génétique

Mots clés : génétiqueRercherche
On pensait jusque là qu'une partie de l'ADN ne servait à rien. Il n'en est rien : ces séquences génétiques permettent d'«allumer» ou d'« éteindre » les gènes.

 

Les chromosomes, faits d'ADN (acide désoxyribonucléique), sont le support de notre patrimoine génétique, de nos gènes, qui commandent le fonctionnement de nos organes, par le biais des protéines. 

 Mais les chromosomes contiennent aussi, au-delà des gènes eux-mêmes, d'autres éléments de l'ADN, dits «ADN poubelle», parce que l'on pensait qu'ils ne servaient à rien. Une équipe internationale de 400 chercheurs vient de découvrir qu'ils jouent en réalité un rôle essentiel dans la régulation de l'activité des gènes et dans certaines maladies. La grande majorité de cet «ADN poubelle» «serait en fait une vaste table de contrôle avec des millions d'interrupteurs régulant l'activité de nos gènes. Sans ces interrupteurs, les gènes ne fonctionneraient pas et des mutations dans ces régions pourraient induire des maladies», souligne un résumé de ces travaux publiés mercredi dans plusieurs revues scientifiques dont Nature et Science.

Interrogé par l'AFP, Pierre Tambourin, le directeur général du Génopole à Évry, a qualifié cette découverte de très importante car elle montre que l'ADN non codant est essentiel à la vie. «C'est presque aussi important que la publication de la séquence du génome de l'homme», estime-t-il. L'ADN humain est composé de 3,3 milliards de paires de bases. Mais seulement 2 à 3 % de ce matériel sont codants. Le reste du génome, soit 3,25 milliards de paires de base, avait été qualifié au départ «d'ADN poubelle» parce qu'on l'avait jugé inutile.52b74e9a-f903-11e1-84d9-77874bfb6893-493x328.jpg

 

Dans le vaste projet Encode lancé en 2003 pour réaliser une gigantesque encyclopédie de l'ADN, l'équipe de chercheurs vient d'identifier 4 millions d'«interrupteurs» génétiques. «Notre génome est en vie grâce à ces millions d'interrupteurs qui déterminent si un gène doit être “allumé” ou “éteint”», explique Ewan Birney du Laboratoire européen de biologie moléculaire et de bio-informatique (LEBM-IEB), coordonnateur en chef de l'analyse. «Dans la plupart des cas nous savons quels gènes jouent un rôle dans une maladie, mais pas quels interrupteurs sont impliqués», indique pour sa part Iam Durham, un chercheur au LEBM-IEB, qui souligne qu'Encode fournit des «pistes prometteuses pour la découverte de mécanismes clés dans les maladies».

 

 

Aucune note. Soyez le premier à attribuer une note !

Ajouter un commentaire

Vous utilisez un logiciel de type AdBlock, qui bloque le service de captchas publicitaires utilisé sur ce site. Pour pouvoir envoyer votre message, désactivez Adblock.